PS Ardèche, La Voulte sur Rhône

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Avec la droite nous sommes sans perspectives d'avenir

Texte de Claude Laréal (ancien député-maire de La Voulte sur Rhône)

Surtout depuis 2007 avec N. SARKOSI. Durant ces trois dernières années il a voulu être partout à la fois, il tout tenté et rien réussi. Si la crise internationale n’a rien arrangé, la France va compter 4 millions de demandeurs d’emplois, nos industries sont fragilisées par l’absence d’une politique industrielle, les délocalisations désertifient nos régions, le pouvoir d’achat stagne, la protection sociale, les retraites sont démantelées, la réduction des emplois publics désorganise nos services publics, la politique fiscale est taillée sur mesure pour le profit des plus riches.

Et pour 2011 ça ne sera pas mieux, deux faits parmi d’autres : La croissance n’atteindra pas les 2% prévu. Conséquence il faudra recourir à plus rigueur pour tenir la promesse de désendettement. L’inflation (hausse des prix) qui redémarre ne s’accompagnera pas de hausse des salaires. Cumulée à la hausse des prix de l’énergie (électricité, gaz, carburants) cela affectera notre pouvoir d’achat.

Triste bilan auquel il faut ajouter que les français comme le reste de l’humanité vivent plusieurs crises à la fois : le réchauffement climatique, la crise bancaire et financière, le chômage et la précarité en permanence…

Bravo Sarko !!

Comment pourrions-nous avoir le moral ?

Tout cela parce que N. Sarkosi a succombé à la pensée mensongère selon laquelle l’économie (le marché) se régule lui-même et que l’on a plus besoin de l’Etat. Si à cause de la crise il un peu modifié sa théorie, maintenant il utilise l’Etat, mais uniquement pour tenter de recréer des richesses, il ne fait rien pour leur juste partage

Les socialistes proposent une autre France : la France de 2012

Les socialistes proposent une autre perspective pour les français.

Une France forte économiquement : Les socialistes défendent l’idée d’un État à la fois proche, à l’écoute et prévoyant. La puissance publique, la différence N. Sarkosi, sa puissance et ses moyens seront utilisés pour développer une croissance dynamique et durable pour une France plus juste pour les salariés. Dans ce cadre nous proposons une grande réforme des impôts au service de la justice sociale et du pouvoir d’achat

Une société du respect : Une société du bien être, au lieu de perdre son temps à se diviser, à s’opposer, à se déchirer. Une société construite par du lien social, de la proximité, de l’attention aux autres. Une société où les rapports seront moins violents. Mais une société du respect, c’est une société du respect des autres, le droit à la sécurité des biens et des personnes est un droit fondamental.

Une croissance durable et respectueuse de l’environnement : Il faut plus d’efforts dans l’éducation, la recherche et ses liens avec l’industrie, plus d’initiatives dans le développement, plus d’investissements dans l’économie et dans la solidarité. Pour financer ces projets la puissance publique s’appuiera sur la réforme fiscale, la suppression des niches fiscales et l’élévation de l’imposition sur les hauts revenus et le capital. Par la croissance gagner des ressources nouvelles, dont une partie sera utilisé pour la réduction des déficits, mais une part importante disponible pour améliorer la vie des Français.

Parce que la vie est dure, il faut tracer une voie nouvelle et crédible

C’est à cela que s’est engagé le P.S. en décidant à une large majorité de battre pour « l’égalité réelle ». Car jamais notre société n’avait été aussi fortement inégalitaire.

L’égalité réelle veut répondre à ce que souhaitent nos concitoyens : conjuguer sécurité et responsabilité, solidarité et compétition, développement et environnement, autonomie des individus et règles collectives et des moyens pour que tous nous participions à une société bien être.

L’égalité réelle n’est pas une formule magique, c’est un engagement de long terme. Oui nous donnerons le chiffrage de ce que ce que nous ferons dans les premiers jours en 2012, si les français nous font confiance. Mais nous ne cachons pas que la réalisation de cette voie nouvelle ne se fera qu’avec du temps et qu’il y aura des efforts à faire, mais à la différence de la droite aujourd’hui, nous veillerons à ca que chacun y participe en fonction de ces revenus.

Assurer, partout où cela est légitime, le partage favorable aux salariés, la solidarité, le service public, l’intérêt général

Cette voie transformatrice de la société suscite un débat

Parce que tracer cette voie transformatrice de la société sera un enjeu des Présidentielles de 2012, elle suscite un fort débat et au-delà de l’opposition gauche/droite, avec le pôle de radicalité à gauche.

A droite

L’UMP, les ministres, la presse qui le soutient, les médias acquis au libéralisme, tous y vont de leurs critiques agressives, sarcastiques ou moqueuses s’appuyant sur leurs mots clefs : Réalisme, contraintes économiques, adaptation, modernisation. Dont l’objectif n’est pas de faire participer à un débat qui éclaire les questions, mais plutôt tenter de jeter le doute, fait naître la défiance. Les socialistes sont sensibles au principe de réalisme, à l’appel à l’effort et ils les accompagnent des impôts plus efficaces et surtout plus justes, de choix économiques débarrassés des exigences du profit.

Avec le pôle de radicalité

La tentation de la radicalité extrême réapparait régulièrement au sein de la gauche. Très souvent cette radicalité prend la forme d’une dénonciation virulente, voire coléreuse, qui mêle gauche et droite dans un même rejet et qui est silencieuse sur ses solutions concrètes. Sans céder à ces formules il faut entendre les urgences. Mais ne pas oublier que derrière son discours il y a tout un passé d'État totalitaire.

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L'école

La fabrique des inégalités et donc des injustices commence à la naissance. Nous le savons bien, naître dans un milieu privilégié de cadres, d'enseignants ...préfigure avantageusement le cursus social de l'individu, à contrario naître dans un milieu ouvrier est pénalisant.

Par exemple 88% des enfants de cadres et enseignants ont le bac contre 50% pour les enfants d'ouvriers.

L'école devrait être à cet égard « l'outil » principal de rattrapage des inégalités sociales liées à la naissance. La gauche a toujours présenté l'école comme un projet majeur de développement humain et d'amélioration de la justice pour tendre vers l'égalité réelle (pas celle des gladiateurs dans l'arène)

Que constatons-nous ?

  • L'effort du pays pour son école a baissé de 7,6% de la richesse produite, il y a une dizaine d'années, à 6,6% actuellement. Par exemple, cette année sera une année record dans la suppression des postes d'enseignants (plus de 50 en Ardèche)

  • La comparaison avec les pays du nord de l'Europe est peu flatteuse (c'est la comparaison objective à réaliser, nous comparer avec des pays en phase de rattrapage n'a pas de sens)

    • la Suède dépense 17 000 € par étudiant contre 11 600 € en France, et ce chiffre est une moyenne. Car si nous comparions aux seuls étudiants des universités ce serait dramatique, n'oublions pas que les étudiants des classes préparatoires sont les enfants gâtés du système (50% plus cher)

    • toujours la Suède qui dépense 7 700 € pour ses enfants en cycle primaire alors que la France ne consacre que 5 500 € (et parce que les collectivités locales font des efforts substantiels, jusqu'à 30% de ce montant)

C'est dans les petites classes que se prépare et se fabrique le socle qui permet à l'individu de réaliser sa vie sociale. Ce socle peut lui permettre de s'extraire de ses déterminations et de s'émanciper socialement. Il peut également gravir l'ascenseur social par un bon diplôme de sortie. Mais force est de constater que ni l'un ni l'autre ne sont significativement possible, hormis l'exception que l'on expose, comme à la foire, sur un plateau TV.

En conclusion, dans l'état actuel des choses, il n'y a pas de volonté pour modifier l'ordre social, c'est tout le contraire.

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Pénurie

Notre planète est riche de ressources, mais il est difficile de faire comprendre qu'un ensemble fini ne peut produire que des ressources finies.

Un court moment, la crise a limité la prédation des ressources. Mais c'est reparti et cette fois-ci cette prédation sera solide (si l'on peut dire !!)

Que se passe-t-il ?

Depuis 2003, sous l'effet croissant de la demande, les cours des matières premières et agricoles se sont envolés. Les prix on été multipliés par 4 pour les métaux, le prix du baril de pétrole est monté à plus de 150 $, les prix alimentaires ont bondi de 60% ...etc

La crise de 2008 a provoqué une récession et une baisse momentanée. Et puis, même sur un fond de crise larvée qui va s'éterniser, les prix sont repartis à la hausse. Nous en connaissons les raisons et je ne voudrais pas vous lasser à répéter, mais je vais quand même le faire.

Pour les productions agricoles:

  • la destruction des terres cultivables s'amplifie, chaque année entre 5 et 10 millions d'hectares de terres sont transformées en béton, goudron ou alors stérilisées définitivement par des pratiques agricoles dites modernes mais très agressives pour l'environnement.

  • Les effets du réchauffement climatiques qui se traduisent par des destructions de récoltes massives (sécheresse, inondations ….)

  • la démographie qui reste galopante, malgré la version optimiste des démographes qui démontrent que la transition est en cours. C'est à dire que la population du globe doit accueillir encore entre 2 et 3 milliards d'humains …. ce n'est pas négligeable !! D'autant plus que les standards de consommation occidentaux se généralisent.

Pour les matières premières:

  • la démographie reste galopante, on l'a vu précédemment,

  • les pays émergents connaissent une croissance sans précédent, la chine a produit, par exemple, 21 millions d'automobiles en 2010. La chine est devenue le premier consommateur mondial des métaux et des ressources minières. 1400 millions individus qui souhaitent consommer comme les Européens a forcément des répercussions sur la prédation des ressources. Le Brésil, l'Inde ...font de même. Qui peut les blâmer ? Les Européens ?

Mais ce n'est pas tout. Les fortes tensions sur ces marchés basiques donnent des idées à nos chers financiers. La rareté est en effet un levier très puissant pour spéculer et s'enrichir, c'est déjà le cas. Ainsi les prix agricoles augmentent pour 2 raisons qui s'amplifient; rareté et spéculation.

Ce mécanisme d'augmentation du coût des matières premières a déjà des conséquences dans les pays en développement, par une baisse du pouvoir d'achat.  Des mouvements de révolte dans les pays du Maghreb en sont une illustration. La hausse durable des prix alimentaires est donc une réalité qui a déjà des conséquences difficiles à prévoir.

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Les carnassiers


En 2009 les entreprises non financières, qui représentent les ¾ de la valeur ajoutée et des emplois, ont distribué 236 milliards d'€ à leurs dirigeants et actionnaires, alors que le résultat après impôts est de 216 milliards d'€ . La différence c'est l'emprunt. Cet endettement injustifié permet d'engraisser ceux qui réclament la suppression des 35h !

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Austérité

L'austérité budgétaire mis en œuvre par le gouvernement aura des conséquences sur l'emploi.

Bon gré malgré les béquilles économiques mises en place par le gouvernement ont limité la casse des emplois.

Mais les pansements ne durent qu'un temps, désormais la dette de l'État est vertigineuse. Bien sûr des solutions justes existent pour ré-équilibrer les comptes de la nation mais le gouvernement de droite n'a certainement pas l'intention de pratiquer une politique de gauche. L'État va donc se contenter de serrer la vis des dépenses et sans état d'âme social.

Les amortisseurs dits sociaux ont joué pour partie leur rôle, mais ces dispositifs touchent à leurs fins. Nous pouvons déjà le constater; le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté de 500000 personnes depuis 2008, le nombre des temps partiels subis a augmenté de 200000 personnes...etc

D'autre part, depuis 2008 les entreprises sont en surcapacité de production, le besoin d'investissement n'est donc pas justifié. Il ne faut donc pas s'attendre à des dépenses d'investissement dont on suppose qu'elles peuvent créer des emplois. De plus, celles-ci sont dans l'obligation de restaurer leur capacité productive (productivité en baisse depuis la crise) pour faire face à la concurrence. In fine il ne faut pas s'attendre à des miracles du côté des emplois et du pouvoir d'achat des ménages.

En conclusion l'austérité décidée par la droite pour combler le déficit, et présentée comme une sage vertu, aura des conséquences logiques; augmentation du chômage structurel, augmentation des petits boulots, diminution des emplois, baisse du pouvoir d'achat …ce qui implique une baisse des revenus et des recettes fiscales. Au grand final cela revient à creuser encore plus le trou. Autrement dit, la droite pour boucher le trou propose de le creuser !! très fort !

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Le coût du travail

Le coût du travail est trop cher ! Encore un leitmotiv des prédateurs libre-échangistes malheureusement relayé par une part importante des salariés … inconscients qu'ils sont !

La solidarité est de moins en moins une valeur sociétale. On peut adhérer à une théorie solidaire mais en pratique on est toujours mécontent. Si bien que de plus en plus l'idée, selon laquelle le coût du travail est trop élevé, fait son chemin et fait le lit de la droite.

Ici il s'agit des cotisations sociales payées par les entreprises et les salariés. Dans la perception des individus ce sont des charges et non pas un revenu. Or les cotisations sociales ne sont rien d'autres que des revenus différés. Revenus qui sont transférés à des retraités, des chômeurs, des malades …. C'est à dire qu'à un moment donné celui qui paie n'est pas celui qui reçoit. Ce qui ne signifie pas que ceux qui reçoivent soient toujours les mêmes, chacun finit par prendre sa retraite et la maladie n'épargne personne.

Baisser le coût du travail pour soi-disant créer de l'emploi est une hérésie du même acabit que la suppression des 35 heures.

Pour diminuer globalement le coût du travail deux solutions se présentent. D'une part, sans baisser la rémunération directement perçue par les salariés privilégiés du « noyau dur » des entreprises il faut réduire globalement les cotisations sociales. D'autre part il faut comprimer les salaires notamment ceux dont l'impact sur la valeur ajoutée des entreprises est faible. Au final cela revient à creuser les inégalités ….pour créer des emplois. Bien évidemment ces emplois créés sont précaires et sous-payés. Autrement dit « pour créer des emplois il faut creuser les inégalités » !! C'est la politique menée par l'Allemagne depuis une dizaine d'années. Le résultat fait pâlir d'envie nos dirigeants de droite qui constate avec jalousie que l'Allemagne a plus sauvé d'emplois que la France. Mais le prix a payer est lourd, les petits boulots sous payés se sont développés passant de 4,8% à 7,1 % des emplois tandis qu'en France ce taux restait quasiment stable de 6,1% à 6,8 %. Le développement des petits boulots (les travailleurs pauvres) a eu également pour conséquence d'accroître considérablement les inégalités: en Allemagne le rapport des revenus des 20% les plus riches comparés aux 20% les plus pauvres est passé de 3,8 à 4,8. En France ce rapport s'est également dégradé mais de façon moindre, passant de 4 à 4,2. Or l'Allemagne est le modèle qui inspire la droite Française, nous pouvons donc imaginer très facilement quelles seront les conséquences des politiques futures menées par Sarkosy.

Pourtant d'autres modèles démontrent que ce n'est pas la bonne voie. Dans les pays scandinaves le coût du travail est élevé, les inégalités plus réduites pourtant le chômage est plus faible: les taux d'emplois sont très élevés de 72% en Suède à 76% au Danemark. Mais il faut dire que ces pays développent la solidarité, notamment par des services à la personne très performants, valeur que la droite n'a pas dans ses priorités puisqu'elle traduit solidarité par le mot assistanat et avec de fortes connotations négatives.

Sarko annonce une réforme massive de la fiscalité, on peut d'ores et déjà imaginer ce que la droite va mettre en place, c'est à dire faire payer les plus modestes considérés par ailleurs comme des assistés.

Il n'en demeure pas moins que le coût de la solidarité porte majoritairement sur le travail, ce qui est injuste. Ce n'est donc pas le coût du travail qui est en jeu, c'est le financement de la solidarité qui est à revoir. Deux pistes sont à explorer pour rendre plus juste ce financement:

  • la fiscalisation est la première piste, soit par une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG ou soit par une progressivité de la CSG et dans tous les cas une augmentation pour les nantis. Pour ma part je ne suis pas partisan de la fusion de la CSG et de l'IR. Créer un impôt unique (nouveau IR) qui permette de financer toutes les dépenses collectives risque d'être mal compris. Il me semble préférable qu'un impôt spécifique à la solidarité soit mis en place, ce serait plus clair pour le débat démocratique (dépenses d'investissement, dépenses de solidarité)

  • la deuxième piste est un prélèvement sur la Valeur ajoutée de toutes les entreprises, ou plutôt sur l'EBE (excédent Brut d'exploitation) afin de ne pas pénaliser les salaires.

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Les 35 heures !!!

Le dogme capitaliste nous ressert pratiquement tous les jours que « les 35 heures » sont une aberration typique de l'utopie de gauche, qui provoquerait du chômage, des coûts sociaux trop élevés ...bref, selon la droite, la cause de tous nos maux.

Le plus embêtant, dans ces affirmations régressives, est qu'une partie de la gauche semble être d'accord. Nous serions les plus « fainéants » du monde occidental et voire même du monde.

Or quand on examine les chiffres, nous avons des surprises.

En moyenne, le temps de travail des salariés (tous les salariés) est de:

  • 35 heures en France

  • 35 heures pour l'Union Européenne à 15

  • 34,3 heures en Allemagne

  • 30,4 heures aux Pays-bas

  • 35,8 heures en Italie

Dans la plupart des pays de l'Europe du Nord, hormis la Finlande (35,3 heures) le temps de travail hebdomadaire moyen est inférieur à la moyenne Française. Ce qui impliquerait, d'après les réactionnaires, que plus on vit au Nord plus on est paresseux ...c'est pourtant l'inverse que la rumeur colporte.

Toutefois le temps de travail moyen des salariés Français à temps complet est inférieur à celui des salariés de l'Europe des 15 (37,8 heures pour 39,3 heures) Ce qui signifie que les salariés à temps partiel travaillent plus en moyenne en France que dans le reste de l'Europe.

Les 35 heures ont effectivement eu pour conséquence un autre partage du travail. Si les emplois créés ne furent pas ceux espérés, les répercussions sur le travail à temps partiel ont été positives (même si nous sommes encore très loin des objectifs de partage du travail) puisque le temps de travail partiel moyen est de 22,5 heures en France pour 19,9 heures en Europe.

Mais ce n'est pas tout, si on examine la production moyenne des emplois, c'est à dire le PIB par emploi:

  • un emploi Français produit 5% de plus qu'un emploi USA

  • un emploi Français produit 19% de plus qu'un emploi Italien

  • un emploi Français produit 21% de plus qu'un emploi Allemand

La mise en œuvre des 35 h s'est traduite par une forte pression sur l'emploi, qui a eu pour conséquences des réductions relatives d'effectifs, une augmentation des emplois à temps partiel et au final plus de productivité. De ce point de vue là, on peut conclure que le capital est gagnant dans la réduction du temps de travail.

La position dogmatique de la droite est donc imbécile de tous les points de vue. Mais en réalité ce n'est pas le problème du partage du travail qui se pose car le travail est très abondant; travail rémunéré, travail domestique, travail associatif, travail collectif ….. Le problème qui se pose est d'une part, celui de la rémunération par l'emploi et plus précisément celui du partage des richesses produites. Si le travail est associé à un emploi du secteur productif et d'autant plus qu'il produit de la valeur ajoutée, alors la rémunération sera avantageuse. Et ceci même si l'utilité sociale est médiocre ou négative. Par contre, plus on descend dans l'échelle de la rentabilité du système productif moins le travail sera rémunéré, même si l'utilité sociale est positive.

D'autre part la réduction du temps de travail (en tant qu'emploi) avait aussi d'autres objectifs humanistes largement perdus de vue. Le travail/emploi est indispensable, nous le savons, mais il y a plusieurs temps dans la vie aussi indispensables comme le temps de la formation, le temps de la culture, le temps des enfants, le temps des divertissements, le temps du développement personnel, le temps de la retraite ...La réduction du temps de travail avait aussi pour objectifs d 'équilibrer et de rendre possible ces différents temps de vie. Nous en sommes loin ….mais il faut dire que ceux qui condamnent les 35 heures sont des privilégiés, bien payés et qui occupent les emplois les plus intéressants, enrichissants, motivants...

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Le saviez-vous ?

Les roches schisteuses peuvent contenir des ressources considérables en gaz.

Certains schistes contiennent du méthane piégé dans les fissures. Ce gaz est formé par la dégradation du kérogène (substance intermédiaire entre la matière organique et les combustibles fossiles) présent dans le schiste.

Le schiste est à la fois la roche source du gaz et son réservoir. L'accumulation est peu dense, c'est à dire que le gaz est présent en faible concentration dans un énorme volume de roche. Ce qui rend son extraction difficile. La technique consiste à utiliser l'hydrofracturation en association avec l'injection de nombreux produits chimiques. La plupart de ces produits sont dangereux pour l'environnement et les organismes vivants. Cette technique se base sur la fracturation des poches de gaz par injection d'eau. Chaque puits peut être fracturé entre 15 et 20 fois, chaque fracturation consommant entre 7 et 28 millions de litres d'eau. Environ la moitié de ce volume est récupérée, l'autre moitié diffuse dans le milieu géologique notamment dans les nappes phréatiques. L'extraction de ce gaz est donc particulièrement traumatisante pour nos éco-systèmes.

Les compagnies pétrolières en quête permanente d'énergie exploitent déjà des gisements, notamment aux USA. Des experts prédisent même qu'en 2030 le gaz schisteux dominera le marché du gaz, en raison de l'effondrement prévu des gisements pétroliers. Les réserves estimées seraient 5 fois celles du gaz dit conventionnel (200 000 milliards de m3)

Les enjeux économiques sont donc considérables. Les transactions financières et diplomatiques ont déjà commencé pour le partage « arrangé » de cette énergie. Des puits sont forés un peu partout, même la France s'est engagée dans cette voie. Les massifs schisteux sont nombreux en France, l'État a donc concédé un permis d'exploration à TOTAL dans une zone comprise de la Drôme, l'Ardèche jusqu'à Montpellier, et cela dans la plus grande indifférence des médias.

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Le trou reste et va se creuser tout seul

La loi de finances 2011 présente un scénario désormais classique des doctrines libérales. Les fossoyeurs sont à l'œuvre si tant est que l'on puisse évoquer une œuvre !

Les recettes de l'État prévues = 271,2 milliards d'€

Les dépenses totales prévues seront de 359,8 milliards d'€ qui se répartissent en 2 postes:

  • dépenses du budget général = 286 milliards d'€

  • prélèvements sur recettes = 73,4 milliards d'€ (*)

Soit un déficit affiché de 88,6 milliards d'€.

L' État affiche donc un déficit colossal sur l'année 2011. Bien sûr le message prophétique asséné à longueur des ondes médiatiques en tout genre est d'afficher un recul du déficit. Le déficit 2010 a été récemment revu pour être proclamé comme une victoire à 149,7 milliards d'€...et miracle il passerait à 88,6 milliards en 2011.

Comment va faire l'État ? Ce n'est pas très compliqué, par la fin des mesures exceptionnelles comme le plan de relance et surtout il va « détruire » le plus possible les dépenses jugées inutiles ….qui bien sûr concerne la pratique sociale (logements, niches sociales …) Mais ce n'est pas une surprise, le gouvernement actuel n'a jamais caché ses intentions sur les coûts sociaux.

Quand on examine plus précisément le budget on découvre également que le 1er poste de dépenses de l'État sera la charge de la dette en 2011. L'augmentation des engagements financiers sera de 6,3% pour faire de ceux-ci le 1er poste de dépenses prévu à 46,9 milliards d'€ en 2011 (44,6 en 2010). plus grave encore, les perspectives sont une augmentation continuelle du poste « engagements financiers » La hausse sera de 28,5% d'ici 2013, c'est à dire que ce poste sera pour très longtemps le 1er poste de dépense, le trou du déficit aura cette particularité qu'il s'agrandira de façon automatique.

En clair il sera difficile, impossible serait mieux adapté, de réduire le déficit dans les années à venir. Si la gauche arrive au pouvoir en 2012, elle sera dans l'obligation d'augmenter les recettes, c'est à dire les impôts, pour boucher le trou. Si elle veut mettre en œuvre et restaurer les pratiques sociales indispensables à la société, elle sera dans l'obligation d'aller plus loin. Une gageure considérable qu'il faudra faire accepter à la classe moyenne qui s'estime victime...de qui d'ailleurs ? D'elle même ?

(*) les prélèvements sur recettes seront de 73,4 milliards d'€ en 2011. Cette rubrique, qui est une exception au principe de non affectation des recettes au dépenses, est de plus en plus utilisée. Les principaux bénéficiaires sont l'Union Européenne pour 18,2 milliards d'€ et les collectivités locales pour 55,2 milliards d'€. Concernant les collectivités locales on constate que ces prélèvements baissent de 85,9 milliards d'€ en 2010 à 55,2 milliards. La différence concerne la compensation relais de la taxe professionnelle qui disparaît en 2011...il va être de plus en plus acrobatique de gérer des budgets municipaux !

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La France a froid, se chauffer est un privilège

Selon l'Agence nationale pour l'habitat (Anah) 3.4 millions (soit 8 millions de personnes) des ménages vivent dans la précarité énergétique, c'est à dire qu'ils dépensent plus de 10% de leurs revenus pour se fournir en énergie.

Par ailleurs ce chiffre masque ceux qui coupent leur chauffage pour ne pas trop dépenser. D'après les spécialistes 5 millions de logements sont qualifiés « à risque », c'est à dire sont de véritables passoires thermiques.

Encore une fois on constate d'une part l'impéritie de la puissance publique et d'autre part les conséquences du dogme libéral. De grands discours grandiloquents mais rien de significatif,

Les besoins concernent essentiellement l'isolation des logements antérieurs à 1974 (70% des logements) ainsi que le type de chauffage utilisé. Avec le nucléaire la France encore une fois se distingue par un gaspillage énergétique considérable, les logements précaires (et d'autre aussi malheureusement) sont chauffés par des « grilles pains » électriques qui deviennent des gouffres financiers sur le long terme (jusqu'à 2 fois plus cher)

Le coût estimé est de 40 milliards d'€ pour isoler les passoires à commencer par les logements HLM dont 800 000 ne sont pas isolés. Or l'État dans un effort "nouveau" prévoit de consacrer 750 millions d'€ sur la période 2010/2017, c'est à dire que sur ce rythme il faudra plus de 300 ans pour rénover les logements. Les plus démunis auront froid encore longtemps !!

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Convention "égalité réelle"

Le 2 décembre notre section s'est réunie pour débattre et voter sur ce texte.

Le débat a porté sur les conditions d'égalité.

Certains s'interrogent sur les inégalités « à la naissance », en se demandant si l'hérédité n'est pas un facteur déterminant. La section à la quasi-unanimité affirme que cette affirmation est un argutie conservateur de droite dont l'objectif est de démontrer que les inégalités sont naturelles et donc justifiées. Ce qui n'empêche pas une forme de solidarité sociale mais celle-ci s'apparente à de la charité sociale. Ce n'est donc pas une vision émancipatrice de l'homme.

Le débat sur les déterminismes met en évidence la complexité de la formation de l'esprit humain. Les déterminismes familiaux, sociaux, socio-culturels, régionaux …. sont très nombreux, contradictoires.... Ils participent de façon complexe et aléatoire aux fonctionnements neurobiologiques du cerveau qui bien sûr façonneront le cerveau humain. Bien malin qui peut prédire le résultat et bien péremptoire celui qui peut l'affirmer. Mais cela ne signifie pas qu'il ne faille rien faire; l'éducation et la formation tout au long de la vie sont deux leviers essentiels que nous devons utiliser pour tendre vers « l'égalité réelle »

L'égalité est un projet de société qui ne peut se traiter qu'en agissant à la racine des causes. De ce point vue là l'égalité des chances est une forme d'inégalité (l'égalité des chances c'est celle du renard dans le poulailler) Le projet de société doit surtout s'attacher à l'égalité des conditions d'accès à l'égalité. L'égalité réelle est donc bien une fin en soi pour notre démocratie. La téléologie de l'égalité ne peut donc être conditionnée aux moyens, sinon c'est encore un prétexte pour ne pas agir pour ce qui devrait être fondamental.

On peut s'interroger si les inégalités sociales ne sont pas à l'origine des crises, crise économique et crise écologique. A force de nous expliquer que c'est le système qui produit les inégalités nous admettons qu'il sera très difficile de les réduire. Par contre si on inverse le raisonnement,c'est à dire que le système est une des conséquences des inégalités, on conclut qu'il est urgent d'agir contre les inégalités pour nous sauver des crises; la crise économique (et donc sociale) qui n'en finit pas de revenir tous les 10 ans et bientôt la crise des crises, c'est à dire la crise écologique.

Concernant le texte de la convention la section considère que c'est une boite à outils sur l'égalité très proche du corps doctrinal du PS (un retour aux fondamentaux)

Résultat du vote de la section

inscrits = 42

votants = 23

pour le texte de la convention = 22

abstentions = 1

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Les cadeaux fiscaux aux entreprises

Le montant des niches fiscales aux entreprises, notamment celles du CAC40, est de 172 milliards d'€ en 2010, c'est à dire presque 2 fois le déficit de l'État !!

Grâce aux niches fiscales, le montant réel de l'impôt sur les bénéfices payé par les sociétés du CAC40 est inférieur à 25% alors qu'il est de 33%

Les niches se répartissent essentiellement:

  • 4.2 milliards => crédit impôt recherche

  • 5.5 milliards => TVA 5.5% pour les travaux logement

  • 6.6 milliards => niche Coppé ! (plus-values à long terme de cession de titres de participations

  • 8.9 milliards => protection sociale complémentaire

  • 9.9 milliards => épargne salariale

  • 19.5 milliards => intégration fiscale des groupes français (paiement de l'impôt par la société principale)

  • 22.1 milliards => allègements de cotisations sur les bas salaires

  • 34.9 milliards => régime fiscale des sociétés mères et de leurs filles (pour limiter le paiement de l'impôt par les société filles)

Selon le conseil des prélèvements obligatoires (cours des comptes) les dispositifs dérogatoires (niches fiscales):

" S'ils peuvent être des instruments utiles pour atteindre certains objectifs de politique publique, les dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises ont connu un développement rapide et peu maîtrisé.

Ils constituent un ensemble très hétérogène, répondant à des objectifs d’une grande diversité qui ont souvent évolué au cours du temps et s’avèrent parfois contradictoires entre eux. Au regard des constatations présentées dans le rapport, l’efficacité de l’utilisation croissante des dépenses fiscales et niches sociales comme levier de politique publique apparaît souvent inégale.

Certains dispositifs contribuent clairement à l’objectif visé : les pistes d’amélioration consistent alors à atteindre le même résultat à un moindre coût et à limiter les formes d’optimisation non souhaitées.

Les allègements généraux de charges sur les bas salaires ou le crédit d’impôt en faveur de la recherche semblent appartenir à cette catégorie.

D’autres dispositifs s’avèrent inefficaces au regard de l’objectif visé ou entrent en contradiction avec d’autres politiques publique."


Au final le conseil des prélèvements obligatoires propose des pistes « modérées » qui permettraient quand même de récupérer de 15 à 29 milliards d'€, notamment en remettant en cause la TVA réduite sur la restauration et l'exonération des cotisations sociales des heures supplémentaires.

wmb

Le rapport planète vivante 2010 est en ligne

On y apprend sans surprise que:

  • la biodiversité est toujours en déclin, en particulier dans les zones tropicales et les habitats d'eau douce, soit une baisse générale de 30% depuis 1970. La 6éme extinction massive des espèces se confirme,

  • l'Empreinte Ecologique de la Terre a dépassé sa biocapacité de 50% en 2010 (30% en 2000), dérèglement causé, entre autres, par la sur-pêche et la sur-pollution qui entraîne le changement climatique.

L’empreinte écologique la plus élevée se trouve dans les pays à haut revenus, elle est en moyenne 5 fois supérieure à celle des pays à faibles revenus.

Selon le Directeur Général du WWF International, « Le rythme de perte de la biodiversité est le plus alarmant dans les pays à bas revenus et souvent situés en zone tropicale alors que les pays développés vivent dans un paradis factice, alimenté par une consommation excessive et des émissions de carbones élevées. » Ainsi, les dix pays à la plus forte Empreinte Ecologique par individu sont : les Emirats Arabes Unis, le Quatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweit et l'Irlande. Triste injustice, l'impact de la dégradation environnementale s’abat sur les peuples les plus pauvres.

Eau et développement

71 pays font actuellement face à une situation de stress hydrique sur les ressources en eau dite «bleue». En 2025, on estime qu’environ les deux-tiers de la population mondiale, 5.5 milliards de personnes, vivront dans des régions soumises à des stress hydriques modérés à sévères et par conséquent, sans cet accès indispensable à l’eau potable, la terre, la nourriture adéquate, l’énergie et les matériaux, les individus les plus vulnérables ne pourront sortir du piège de la pauvreté et prospérer.

Or savez-vous combien de litres d'eau sont nécessaires pour « produire » et déguster une tasse de café; c'est à dire pour la culture, le transport, la torréfaction ….

réponse 140 litres, cela se passe de commentaires !

pour en savoir plus

wmb

La démesure des hauts revenus

Une caste de privilégiés arguant de mérites que les autres, la masse silencieuse et besogneuse, n'auraient pas s'octroient ou réclament des revenus que l'on peut qualifier d'immoraux.

On retrouve dans cette caste, aux « grands mérites », les PDG des entreprises, les sportifs et les stars du Show-biz.

Quelques chiffres pour vous donner le vertige (voir Alternatives économiques cahier n°43):

  • les 10 PDG les mieux payés du CAC40 ont des revenus annuels compris entres de 3.2 millions d'€ soit 269 Smic et 0.8 millions d'€ soit 71 Smic,

  • les 10 sportifs les mieux payés (dont 7 footballeurs) gagnent de 5.7 millions d'€ soit 475 Smic à 17.7 millions d'€ soit 1475 Smic,

  • les 10 Stars du cinéma Français les mieux payés gagnent de 1.1 millions d'€ soit 92 Smic à 3.5 millions d'€ soit 295 Smic

  • ….

On peut évidemment s'interroger sur les justifications de ces revenus qui dépassent l'entendement. En effet ces privilégiés occupent des positions sociales valorisantes, ont les activités (dites professionnelles) les plus intéressantes qui s'apparentent plus à des loisirs qu'à des contraintes professionnelles. Ils ne peuvent pas invoquer la notion de pénibilité, ce serait une clownerie de mauvais goût. Par contre ils instrumentalisent des notions manipulatrices que sont la prise de risques, les responsabilités ou la durée limitée d'activité pour les sportifs. Si ces arguments étaient vrais, ils seraient prouvés. Ce qui n'est pas le cas, a-t-on déjà vu d'anciens Pdg du CAC40 ou d'anciens footballeurs professionnels faire la queue au resto du cœur ?

On peut doublement s'interroger sur les sportifs professionnels. Ils doivent leurs revenus à leur notoriété qui est l'expression d'un engouement populaire. Ce qui ressemble à une attitude schizophrénique de la société, les individus se passionnent pour des spectacles contraires à leur intérêt.

Si nous devions décrire les valeurs humaines sous-jacentes ou fondatrices du sport nous évoquerions:

  • le goût de l'effort par rapport à soi même et la convivialité de l'effort collectif

  • la solidarité et notamment l'apprentissage de la solidarité pour les jeunes

  • l'hygiène de vie autant pour le mental que pour le corps (or le dopage est une triste réalité)

En réalité on rémunère des individus (sportifs professionnels) pour développer et promouvoir des valeurs contraires aux intérêts des spectateurs. La compétition sportive professionnelle implique une concurrence féroce entre les sportifs car l'objectif est de gagner. Et pour gagner, il faut sélectionner des élites ce qui fait aussi des exclus (des perdants) car les bonnes places sont limitées, y compris dans toute la hiérarchie complexe des niveaux de club. Mais la paradoxe ne s'arrête pas là, les exclus deviennent aussi des fans assidus des privilégiés.

C'est aussi le cas avec les enfants qui très tôt entrent dans ce système de compétition forcenée. A cet égard la compétition sportive en tant que professionnalisation peut être considérée comme une violence sociale. D'ailleurs on ne peut être que troublé par l'analogie que l'on peut faire entre la compétition économique du capitalisme et le sport dit professionnel. Cette connivence est si marquée qu'elle explique la cotation en bourse de certains clubs de football.

Chacun, à gauche, doit donc s'interroger sur sa vision du sport professionnel. Le choix de société ne s'arrête pas à la valeur travail.

wmb

Au sujet des dividendes versés

Dans le billet « Profits records pour les entreprises du CAC40 » nous avons vu que les entreprises finançaient par le crédit les dividendes versés.

C'est bien sûr scandaleux, mais il faut savoir que le système comptable est pervers car il permet et favorise ce mécanisme.

Les intérêts d'emprunts, considérés comme des charges, sont déductibles du résultat final de l'entreprise et permettent ainsi de réduire le montant de l'impôt sur les bénéfices. Celles-ci (notamment celles du CAC40) préfèrent donc distribuer en dividendes leurs bénéfices et s'endetter pour financer leurs investissements.

Dit autrement, les grandes entreprises ont intérêt à s'endetter pour financer les investissements plutôt que ré-investir les bénéfices dégagés, qui eux sont distribués aux goinfres.

Ce mécanisme est donc pervers et aussi dangereux pour l'entreprise, pourtant il suffirait fiscalement de plafonner le versement des dividendes en rapport du bénéfice dégagé.

wmb

Comment financer le déficit abyssal de l'État et la réduction des inégalités ?

L'idéal serait de réduire fortement les inégalités par des revenus limités. Mais ne rêvons pas, faire accepter une telle mesure est une gageure, d'autant plus que ceux chargés de nous représenter sont très bien lotis.

L'idée est alors d'imaginer un système fiscal qui puisse ré-équilibrer de façon la plus indolore possible.

Augmenter l'impôt sur le revenu serait possible si celui-ci était efficace et accepté par la population. Il n'est pas très efficace car la multiplicité des modes de calcul et surtout d'exonérations le rend compliqué et couteux à faire rentrer. D'autre part il est de plus en plus impopulaire car trop de foyers sont exonérés (51% des foyers sont exonérés) Par ailleurs 80% de l'impôt sur les revenus est payé par 20% des ménages (aisés bien sûr)

Les recettes de l'impôt sur le revenu sont de 54,7 milliards d'€. Pour financer le déficit et le ré-équilibrage des inégalités il faudrait doubler les recettes de l'impôt sur le revenu, soit un doublement de l'impôt sur le revenu pour ceux qui le paient …

Une autre solution existe, c'est la CSG. La CSG porte sur tous les revenus, elle est prélevée à la source et donc indolore, elle est simple à mettre en œuvre et enfin son efficacité est élevée. Son inconvénient est que c'est un impôt proportionnel et non pas progressif. Dans le cas présent il est donc nécessaire d'introduire une progressivité. Progressivité qui pourrait être appliquée à partir des revenus supérieurs à la médiane (Le revenu mensuel médian est de 1550 € par personne et avant impôts)

Les simulations réalisées à partir des déciles de revenus donnent 26 milliards d'€ en prenant comme progressivité de la CSG (c'est à dire taux à rajouter au pourcentage déjà prélevé):

  • 1% sur les 6ème et 7éme déciles

  • 2% sur le 8ème décile

  • 3% sur le 9ème décile

  • 4% au delà (10% les mieux payés)
    il est intéressant de signaler que le niveau de vie moyen du dixième le plus favorisé de la population (4230 € mensuels par personne) représente 6.6 fois le niveau de vie moyen du dixième le moins favorisé. Après cette mesure CSG le rapport passerait à 4.6 fois

décile: le décile est le niveau de salaire qui sépare chaque tranche de 10% en 10%. Les déciles sont classés par ordre croissant. Le 1er décile est celui ou 10% de la population gagne le moins. Le 9ème est celui ou 10% de la population gagne le plus....

wmb

la dette de l'état pour enrichir les nantis

La dette de l'État est abyssale, 1535 milliards d'€ soit plus de 80% de PIB et bientôt 100%. Bien sûr la crise peut expliquer une part de cette dette mais pour autant elle ne date pas d'hier. Les déficits de l'État sont quasi systématiques depuis 1974 et la dette est passée de 1978 à 2008 de 21.1% du PIB à 67.4% .

La dette résulte d'un excédent des dépenses sur les recettes (évident) Il y a donc 2 façons de générer des dettes; soit les dépenses sont trop importantes, soit les recettes sont insuffisantes. La droite démontre depuis toujours que les dépenses sociales sont exagérées et s'alimenteraient de l'habitude des classes modestes d'abuser du système. Or quant on analyse le poids des dépenses dans le PIB on constate que celles-ci sont stables depuis 1985; en 1985 le poids des dépenses publiques par rapport au PIB était de 52%, en 2008 ce poids est de …......53%

On ne peut donc pas dire, contrairement à ce qu'affirme la droite, qu'il y ait dérapage des dépenses. C'est donc bien du côté des recettes que le bât blesse. Un député de l'UMP dans un rapport très précis démontre que l'État aurait perdu de 101 à 119 milliards d'€ entre 2000 et 2009, sans cela le poids de la dette serait 54,6% du PIB.

La dette publique est évidemment élevée mais elle reste dans le peloton des dettes de la zone Euro, 73.2% pour l'Allemagne, 96.7% en Belgique et …..85% aux USA. Il est donc sage de garder son sang-froid et ne pas transformer en leit-motiv de droite un problème qui n'en est pas un et qui de surcroit a été créé par la droite.

Par ailleurs le discours qui consiste à invoquer les générations futures, c'est à dire instrumentaliser le fardeau que nous laisserions aux bébés est particulièrement manipulateur. En effet ce sont les contribuables d'aujourd'hui qui paient les intérêts de la dette. Par contre les ménages aisés (>50000€ par an), ont largement profité de la situation; d'une part ils ont bénéficié des baisses d'impôts, d'autre part ils ont pu réinvestir ces économies en titres de la dette publique ...très fort !!

En conclusion l'État s'est endetté pour enrichir les ménages aisés, ce qui d'ailleurs est cohérent avec une politique de droite.

wmb

Sacré Hubbert

Un pic pétrolier désigne (abrégé en Peak Oil en anglais) désigne le moment où la production mondiale de pétrole plafonnera puis commencera à décliner du fait de l'épuisement des réserves de pétrole exploitables.

Le géologue Hubbert avait pronostiqué avec succès le pic de production Américain pour les années 1970. Depuis lors la production américaine ne cesse de baisser.

Or nous apprenons que le pic mondial s'est produit en 2006 sans faire de bruit, de façon discrète et confidentielle pour ne pas affoler les bourses.

L'AIE (agence internationale de l'énergie), qui a longtemps nié le sujet, a déclaré en 2009 que le pic viendra peut-être vers 2020 mais qu'il pourrait aussi intervenir en 2010 si la demande mondiale dépasse l'offre.

Or le rapport 2010 de l'AIE annonce que la production maximale de pétrole conventionnel a atteint un maximum en 2006 et qu'il est peu probable que ce maximum soit dépassé dans le futur.

La production s'est stabilisée à 68-69 millions de barils par jour sans pouvoir retrouver le record de 70 millions de barils, désormais l'AIE prévoit que cette limite ne pourra plus être dépassée. Hubbert avait prévu qu'à partir du moment ou le pic est atteint la baisse de production est plus rapide que sa progression.

L'AIE estime que le pétrole restera le premier combustible mondial en 2030. La suite est prévisible. Le pétrole extrait de façon conventionnel sera progressivement remplacé par des pétroles issus des schistes bitumineux, des forages en eaux profondes et du charbon, les répercussions écologiques seront majeures ...mais il faut préserver à tout prix un système qui produit 2000 voitures par jour !!

wmb

Profits records pour les entreprises du CAC40

Les entreprises du "CAC40" ont encore affiché des résultats records au 1er semestre 2010. En cette période de crise il est choquant de pouvoir présenter de tels chiffres; 41.5 milliards de bénéfices en hausse de 87%, 146 milliards de cash.

Comment peut-on expliquer ce hiatus économique :

  • la plupart des entreprises du CAC40 présente des bénéfices "copieux" alors que l'économie est toujours en crise,

  • mais c'est un exercice comptable qui ne repose pas réellement sur l'activité de l'entreprise; ces entreprises procèdent régulièrement à des ventes d'actifs (immobilier, actions, participations ...) qui viennent comptablement augmenter le résultat,

  • par ailleurs ce sont des multinationales, dont le Chiffre d'Affaire hors métropole est très important sinon majoritaire. Leur résultat d'exploitation sur le territoire France peut être négatif, ce qui veut dire que les profits se font hors France. C'est  par la consolidation globale que ces groupes peuvent présenter des bénéfices, notamment par le jeu hyper-complexe des transactions internes au groupe et aux nombreuses filiales (dont certaines peuvent avoir des déficits très lourds mais hors consolidation).  Par ce jeu de magouilles autorisées, les groupes peuvent alors présenter de bons résultats. L'objectif est bien évidemment de permettre de gaver les goinfres mais pour l'économie du pays cela reste virtuel et contribue à détruire de l'emploi. Si les résultats mirifiques des entreprises du CAC 40 étaient "distribués" (ce qui philosophiquement est juste) nous aurions un afflux de liquidités qui provoquerait une crise.

    Mais il y a pire, les résultats de ces entreprises sont aussi le résultat d'une stratégie financière d'endettement. En réalité les excédents dégagés le sont grâce au crédit, ce qui signifie que les dividendes versés sont de l'emprunt !!!

pour en savoir plus

wmb

La crise permanente

Notre société est-elle réellement en crise ?

Ce n'est pas nouveau; depuis 30 ans nous avons eu de multiples crises et si nous observons notre histoire nous voyons bien que la crise est permanente ! Comme si le progrès s'était construit par la crise.

On peut donc considérer que la crise est l'état naturel de la société. Certains, la plupart même, affirment que notre système économique est la cause. Parmi ceux-ci, deux tendances historiques se dégagent, fluctuantes au gré des crises. La première considère que le système économique peut s’autoréguler librement, l’autre pense qu’il doit être régulé par des règles.

En réalité ces deux approches sont semblables et peu différentes. Elles se succèdent dans l’histoire de notre civilisation, sans avoir été en capacité de modifier la finalité destructrice, sociale et écologique. La remise en question des modes de vie, des privilèges acquis, ne fait pas encore partie de la téléologie de nos projets de société. Le seul sujet qui fait débat, c’est celui du partage du « gâteau », suivant des critères discutés et discutables à l’infini en instrumentalisant des lois économiques considérées universelles, jusqu’à l’épuisement des ressources.

En réalité l'ordre des causes et conséquences est inversé. Ce n'est pas le système "société" et ses crises permanentes qui crée les inégalités et donc les injustices sociales. Ce sont les inégalités et les injustices qui provoquent les crises économiques et désormais la crise écologique. S'attaquer à la racine du mal suppose donc que l'on règle cette logique infernale des inégalités. Le problème de base de la société se comprend par rapport à l'ordre social de dominance "dominés/dominants"...... dont les objectifs sont d'assouvir le besoin infini de consommation et cela par la compétition.

Dit autrement, c'est l'évolution des comportements de consommation qui détermine la transformation du modèle sociétal qui lui même conditionne le comportement de consommation. Cette évolution « auto asservie », nourrie par le principe de compétition, détermine tout ce qui construit notre modèle sociétal (la solidarité, les liens sociaux, le modèle éducatif, les partis politiques...........)

C'est pour cela que je me suis engagé en politique car contrairement à ce que certains essaient de faire croire, c'est le projet politique qui détermine une société juste ou injuste. Mais sans compréhension et remise en cause de l'ordre social tout projet de changement sera vain.....et la crise sera notre quotidien.

Thierry Abrial

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