L’économie est régit par un principe, celui de maximisation. Maximisation de la production pour répondre aux besoins humains, mais aussi maximisation de la rationalité. Ce principe se renforce des lois supposées déterminantes sur le comportement humain qui considèrent les besoins humains comme une logique naturelle. Ce qui implique que produire pour répondre aux besoins est logique et rationnel. Or les besoins sont soumis à l’impératif d’abondance que l’économie prend en charge. Pour les satisfaire, elle transforme les désirs humains en besoins pour organiser le système de production collectif. Ce système est constitué de l’État bien sûr, des entreprises et de l’ensemble des organismes qui agissent dans le champ des besoins. L’économie est donc devenue la « science » générale qui traite de la totalité de la vie sociale: c’est la science sociale globale. De ce point de vue les deux formes traditionnelles de l’économie, classique et régulée, sont similaires.

D’autre part, conditionnée par le principe de maximisation, l’économie promeut le principe de rationalité comme un principe universel applicable à tous les champs de la vie en société. En réalité la politique actuelle n’a d’autres objectifs que ceux de l’économie. L’économie peut donc englober tous les besoins humains y compris ceux qui ne sont pas matériels. Il en résulte que le projet politique ne peut plus être dissocié des choix économiques, il y est même intégré. L’idéal, pour certains, seraient de gérer la société comme une entreprise. La politique qui devrait exprimer les choix de société est très largement conditionnée par les lois dites scientifiques de l’économie. La politique est devenue une composante de l’économie. Ainsi les finalités de la vie en société ne sont pas vraiment abordées hormis à la marge. Nous pouvons d’ailleurs constater que la grande masse se dépolitise mais aussi la classe politique qui s’est transformée en élite expertocratique économique.

Dés lors, le débat politique est réduit à ces choix techniques déterminés par l’économie. La destruction de notre système "société" tant sur les aspects sociaux et écologiques est donc logique et scientifique ; le sauver passe par une mutation de notre logiciel politique …pardon, économique !

Thierry Abrial