La dette de l'État est abyssale, 1535 milliards d'€ soit plus de 80% de PIB et bientôt 100%. Bien sûr la crise peut expliquer une part de cette dette mais pour autant elle ne date pas d'hier. Les déficits de l'État sont quasi systématiques depuis 1974 et la dette est passée de 1978 à 2008 de 21.1% du PIB à 67.4% .

La dette résulte d'un excédent des dépenses sur les recettes (évident) Il y a donc 2 façons de générer des dettes; soit les dépenses sont trop importantes, soit les recettes sont insuffisantes. La droite démontre depuis toujours que les dépenses sociales sont exagérées et s'alimenteraient de l'habitude des classes modestes d'abuser du système. Or quant on analyse le poids des dépenses dans le PIB on constate que celles-ci sont stables depuis 1985; en 1985 le poids des dépenses publiques par rapport au PIB était de 52%, en 2008 ce poids est de …......53%

On ne peut donc pas dire, contrairement à ce qu'affirme la droite, qu'il y ait dérapage des dépenses. C'est donc bien du côté des recettes que le bât blesse. Un député de l'UMP dans un rapport très précis démontre que l'État aurait perdu de 101 à 119 milliards d'€ entre 2000 et 2009, sans cela le poids de la dette serait 54,6% du PIB.

La dette publique est évidemment élevée mais elle reste dans le peloton des dettes de la zone Euro, 73.2% pour l'Allemagne, 96.7% en Belgique et …..85% aux USA. Il est donc sage de garder son sang-froid et ne pas transformer en leit-motiv de droite un problème qui n'en est pas un et qui de surcroit a été créé par la droite.

Par ailleurs le discours qui consiste à invoquer les générations futures, c'est à dire instrumentaliser le fardeau que nous laisserions aux bébés est particulièrement manipulateur. En effet ce sont les contribuables d'aujourd'hui qui paient les intérêts de la dette. Par contre les ménages aisés (>50000€ par an), ont largement profité de la situation; d'une part ils ont bénéficié des baisses d'impôts, d'autre part ils ont pu réinvestir ces économies en titres de la dette publique ...très fort !!

En conclusion l'État s'est endetté pour enrichir les ménages aisés, ce qui d'ailleurs est cohérent avec une politique de droite.