Notre planète est riche de ressources, mais il est difficile de faire comprendre qu'un ensemble fini ne peut produire que des ressources finies.

Un court moment, la crise a limité la prédation des ressources. Mais c'est reparti et cette fois-ci cette prédation sera solide (si l'on peut dire !!)

Que se passe-t-il ?

Depuis 2003, sous l'effet croissant de la demande, les cours des matières premières et agricoles se sont envolés. Les prix on été multipliés par 4 pour les métaux, le prix du baril de pétrole est monté à plus de 150 $, les prix alimentaires ont bondi de 60% ...etc

La crise de 2008 a provoqué une récession et une baisse momentanée. Et puis, même sur un fond de crise larvée qui va s'éterniser, les prix sont repartis à la hausse. Nous en connaissons les raisons et je ne voudrais pas vous lasser à répéter, mais je vais quand même le faire.

Pour les productions agricoles:

  • la destruction des terres cultivables s'amplifie, chaque année entre 5 et 10 millions d'hectares de terres sont transformées en béton, goudron ou alors stérilisées définitivement par des pratiques agricoles dites modernes mais très agressives pour l'environnement.

  • Les effets du réchauffement climatiques qui se traduisent par des destructions de récoltes massives (sécheresse, inondations ….)

  • la démographie qui reste galopante, malgré la version optimiste des démographes qui démontrent que la transition est en cours. C'est à dire que la population du globe doit accueillir encore entre 2 et 3 milliards d'humains …. ce n'est pas négligeable !! D'autant plus que les standards de consommation occidentaux se généralisent.

Pour les matières premières:

  • la démographie reste galopante, on l'a vu précédemment,

  • les pays émergents connaissent une croissance sans précédent, la chine a produit, par exemple, 21 millions d'automobiles en 2010. La chine est devenue le premier consommateur mondial des métaux et des ressources minières. 1400 millions individus qui souhaitent consommer comme les Européens a forcément des répercussions sur la prédation des ressources. Le Brésil, l'Inde ...font de même. Qui peut les blâmer ? Les Européens ?

Mais ce n'est pas tout. Les fortes tensions sur ces marchés basiques donnent des idées à nos chers financiers. La rareté est en effet un levier très puissant pour spéculer et s'enrichir, c'est déjà le cas. Ainsi les prix agricoles augmentent pour 2 raisons qui s'amplifient; rareté et spéculation.

Ce mécanisme d'augmentation du coût des matières premières a déjà des conséquences dans les pays en développement, par une baisse du pouvoir d'achat.  Des mouvements de révolte dans les pays du Maghreb en sont une illustration. La hausse durable des prix alimentaires est donc une réalité qui a déjà des conséquences difficiles à prévoir.