La fabrique des inégalités et donc des injustices commence à la naissance. Nous le savons bien, naître dans un milieu privilégié de cadres, d'enseignants ...préfigure avantageusement le cursus social de l'individu, à contrario naître dans un milieu ouvrier est pénalisant.

Par exemple 88% des enfants de cadres et enseignants ont le bac contre 50% pour les enfants d'ouvriers.

L'école devrait être à cet égard « l'outil » principal de rattrapage des inégalités sociales liées à la naissance. La gauche a toujours présenté l'école comme un projet majeur de développement humain et d'amélioration de la justice pour tendre vers l'égalité réelle (pas celle des gladiateurs dans l'arène)

Que constatons-nous ?

  • L'effort du pays pour son école a baissé de 7,6% de la richesse produite, il y a une dizaine d'années, à 6,6% actuellement. Par exemple, cette année sera une année record dans la suppression des postes d'enseignants (plus de 50 en Ardèche)

  • La comparaison avec les pays du nord de l'Europe est peu flatteuse (c'est la comparaison objective à réaliser, nous comparer avec des pays en phase de rattrapage n'a pas de sens)

    • la Suède dépense 17 000 € par étudiant contre 11 600 € en France, et ce chiffre est une moyenne. Car si nous comparions aux seuls étudiants des universités ce serait dramatique, n'oublions pas que les étudiants des classes préparatoires sont les enfants gâtés du système (50% plus cher)

    • toujours la Suède qui dépense 7 700 € pour ses enfants en cycle primaire alors que la France ne consacre que 5 500 € (et parce que les collectivités locales font des efforts substantiels, jusqu'à 30% de ce montant)

C'est dans les petites classes que se prépare et se fabrique le socle qui permet à l'individu de réaliser sa vie sociale. Ce socle peut lui permettre de s'extraire de ses déterminations et de s'émanciper socialement. Il peut également gravir l'ascenseur social par un bon diplôme de sortie. Mais force est de constater que ni l'un ni l'autre ne sont significativement possible, hormis l'exception que l'on expose, comme à la foire, sur un plateau TV.

En conclusion, dans l'état actuel des choses, il n'y a pas de volonté pour modifier l'ordre social, c'est tout le contraire.