texte de Thierry Abrial relatif au projet socialiste, présenté en conseil fédéral

En introduction je vais citer Edgar Morin,

« L'idée de développement est une idée sous-développée, car l'idée généralement admise du développement est aveugle aux dégâts et dégradations qu'il produit, tant sociaux, sociétaux que écologiques. Le développement qui se voudrait solution ignore que les sociétés occidentales sont en crise du fait même de leur développement. La prise de conscience de la crise du développement n'est arrivée à déboucher que de façon partielle, insuffisante et limitée sur la problématique écologique, ce qui conduit à « attendrir » la notion de développement en lui accolant l'épithète durable »

Nous sommes donc dans un moment charnière de notre histoire, moment crucial d'une méga-crise, celle du modèle de développement aux visages multiples, liés et interconnectés.

Nous ne pouvons pas nous contenter de proposer des solutions à des problèmes comme le font les entreprises par la technologie et le marketing.

Bien sûr le jeu électoral nous impose un compromis entre nos valeurs, le choix de société et la pratique du marketing et de la pub, MAIS nous avons l'obligation de dépasser cette contradiction pour être crédible, l'excès de réalisme est irréaliste comme l'excès d'objectivité est subjectif.

Quel est le fil conducteur du projet, c'est la question que je me suis posée. Pour cela j'ai filtré le projet sur 3 enjeux majeurs:

  • l'enjeu des inégalités, car les inégalités sont la première cause de cette méga-crise

  • l'enjeu des ressources, car la problématique des ressources naturelles sera centrale dans les 20 ans qui viennent

  • l'enjeu du modèle économique, car, nous le savons, notre système économique est pervers, il est devenu sa propre finalité

Je ne vais pas tout citer car le projet est très fourni, un focus sur les 3 points;

Les inégalités:

  • refonte de la fiscalité, fusion et progressivité de l'IR et de la CSG, prélevés à la source,

  • plafonnement des parts variables

  • écarts de rémunérations dans une fourchette de 1 à 20, c'est déjà une première étape

  • taxation du capital, des transactions financières, des banques et des pétroliers

  • société du travail, plutôt que de la rente, travailler mieux pour vivre mieux car le travail est le principal médium de socialisation et de créations des liens sociaux. Le projet insiste fortement sur ce sujet crucial qui nous a été dérobé par Sarkosy

  • au final le projet traite en profondeur la question essentielle des inégalités

Les ressources:

  • TVA éco-modulable

  • relocaliser, agriculture et pêche durable

  • éco-conception, sobriété notamment énergétique

  • stopper l'érosion de la biodiversité et restaurer le patrimoine naturel

  • porter la France te l'Europe en tête de l'économie verte et de la lutte contre le changement climatique

  • sortir de la dépendance au nucléaire et au pétrole (ce point mérite d'être plus clair)

  • etc, le projet prend pleinement en compte cette problématique qui sera de plus en plus prégnante.

Le modèle de développement:

Probablement le plus difficile à interpréter car le projet affiche clairement l'objectif de croissance. On peut s'interroger sur la cohérence entre changement de modèle et perpétuation du concept de croissance car une croissance de 2,5% par an donne un doublement de la consommation en moins de 30 ans dans un contexte de ressources de plus en plus rares.

Heureusement il est clairement affiché que cette croissance doit être sélective et durable ce qui veut dire que l'on doit faire décroître nos consommations de ressources, donc nos modes de vie prédateurs et faire croître ce qui améliore le bien être, construire et développer les liens sociaux, prendre soin de soi et des autres (le « care ») (l'effet pervers du PIB est aussi évoqué),

Au final le modèle de développement est cohérent, j'en suis satisfait, mais c'est par déduction.

Ma Conclusion:

Le projet est complet et traite de la méga-crise dans sa globalité. Bien sûr plusieurs lectures sont nécessaires pour en faire le tour.

Nous sommes sur la bonne voie, c'est ce qui compte le plus et j'en suis heureux.

Je suis persuadé que notre candidat(e) aura toute la matière à construire un projet ambitieux qui prépare la société de demain tout en restant réaliste. C'est à nous, les militants d'y veiller et de le populariser.

pour consulter le projet