Depuis des lustres la question de la gouvernance est en débat au sein du PS. Force est de constater que peu de chose ont changé. Deux types de militants « cohabitent » au PS, d'ailleurs comme dans tous les partis; le militant de base et le militant élu dont certains doivent être considérés comme des professionnels. Peuvent être considérés comme des professionnels de la politique les élus qui répondent aux 2 critères de la durée et de la « rémunération »

Pour réussir cette mutation de la gouvernance il paraît indispensable de s'interroger sur un certain nombre de points:

  • quelle est le fonction du militant « de base » ?

    • Très naturellement, chacun pensera « tractage » « collage d'affiche » « manifester à la demande » ...toute action cataloguée de militante, mais dont l'efficacité est très difficile à mesurer. En effet, la motivation militante des petits partis est très forte et on ne peut pas conclure que cette motivation soit concluante, au contraire même. Ce n'est pas le militant qui fait la notoriété d'un parti.

    • La deuxième fonction est de désigner les élus, à tous les niveaux, qui seront les représentants de la/les politiques à mettre en œuvre, notamment pour proposer un projet (changer le modèle de société). C'est probablement la plus grande responsabilité du militant. Il a donc un pouvoir sur le projet éventuel de société, bien sûr s'il a la possibilité d'exprimer un choix réel. Car il faut bien reconnaître qu'il n'a pas réellement le choix au nom du principe de réalité, quelques exemples:

      • premier cas, un candidat est déjà en place (c'est un élu) Que se passera-t-il ? Réponse; le sortant sera désigné quand bien même il ne porte aucun projet ou valeur de changement. L'intérêt électoral du parti primera sur le fond car on le sait, en général c'est le sortant qui a le plus de chance d'être élu....jusqu'à un pic de probabilité que l'on constate quand on a été battu. Cela peut durer ainsi 15, 20 ...30 ans soit quelques générations tenues à l'écart du débat. Dans ce cas on peut considérer que le projet véritable est d'être élu, pour cela il faut plaire au plus grand nombre et assoir son image dans la durée.

      • Deuxième cas, un candidat a déjà un mandat par ailleurs, il est donc connu. Ici aussi, l'intérêt électoraliste du parti primera sur le fond suivant de savants calculs de dosage qui n'ont pas beaucoup de rapport avec le profil réel des candidats.

      • Troisième cas, il faut désigner un candidat « nouveau » Ici aussi, l'intérêt électoraliste du parti primera sur le fond en désignant un professionnel en herbe (souvent formé dans des écoles ad-hoc) .

  • quelle est la fonction du militant élu ?

    • À priori, la réponse serait « mettre en œuvre le programme ou projet établi par le parti » La réalité est différente, au nom du sacro-saint réalisme. C'est encore plus vrai quand il s'agit de durer dans le temps. Pourtant, nous le savons tous, il est impossible de porter des projets politiques sans usure au delà de quelques années.

    • Pourtant le militant a un rôle essentiel, celui de désigner ses candidats aux élections pour être élu. Ce rôle a été confisqué pour partie pour les explications précédentes. Il s'agit de redonner ce rôle essentiel aux militants .

Propositions:

  • les élus déjà en place doivent rendre compte aux militants qui les ont mandatés;

    • pour cela ils doivent expliquer le sens des politiques menées et des choix, relativement aux valeurs qui les ont déterminées. Les militants doivent, en particulier, s'interroger sur l'engagement des élus; par exemple un élu qui s'abriterait derrière des choix gestionnaires ou des choix de type « marketing politique »

    • la meilleur façon d'être objectif est d'organiser ces temps d'échanges sur la base d'une méthode élaborée à priori qui précise les cycles et les critères à définir collectivement.

  • pour ceux qui souhaitent être mandatés;

    • de façon similaire un échange doit être organisé pour valider le projet du candidat à l'élection. Ici aussi, la meilleur façon d'être objectif est d'organiser ces temps d'échanges sur la base d'une méthode qui précise les cycles et les critères à définir collectivement.

Le carriérisme politique doit être combattu, il donne une image très négative des élus et détermine pour l'essentiel l'augmentation massive de l'abstention et du vote FN, par ailleurs il est un frein au changement. Pour cela le non-cumul doit devenir une obligation quel que soit le parcours des individus. Néanmoins il ne s'agit pas de culpabiliser les élus car cette situation est très ancienne et les élus n'en sont pas les seuls responsables.